Adult after all

Je n’ai pas écrit depuis six mois parce que j’étais dans une phase dépressive post-retour de Montréal.  Connaissez-vous intro plus gaie ?

Il aura fallu un pied en compote, un dos fourbu, une tempête de neige, un appart tout propre et même pas une lessive à étendre pour que je me décide enfin à reprendre l’écriture de ce blog laissé de côté comme un chien galeux il y a fort fort longtemps. (Non mais sinon j’adore écrire)

Bref me voilà cloué chez moi avec pour seule compagnie mon ordi, un blog à l’abandon et une foule d’histoires à raconter. Ah mais oui, en fait non. Parce que je suis de ces gens pour qui il peut se passer six mois sans qu’une péripétie significative leur arrive -mis à part le fait que mon appart se trouve juste au dessus du trésor des templiers selon ma proprio.
Merci Steven Spielberg et Walt Disney de m’avoir fait penser toute mon enfance que la vie est une grande aventure.
Je suis -enfin- devenu un adulte -pas tous les jours-. Beurk.  Et je comprends le sens caché de ‘la vie n’est pas un feu d’artifice permanent’. Comprendre ‘amuse-toi bien à l’école avec tes copains copines parce qu’après, si tu n’es ni riche à millions ni l’un des nombreux enfants de Brangelina, ni un chien savant, tu vas en chier, et te faire chier parfois’.

Je vais au travail – enfin quand je ne boite pas comme un manchot empereur. Je prends les transports en commun et arrive en retard au travail – enfin quand ils arrivent. Je me fais taxer la moitié de mon bagel nutella-peanut butter par cette fourbe de collègue qui a compris que je ne sais pas dire non à la gourmandise. Conn*sse. Je fais des soirées entre amis où l’on s’échange les futurs prénoms de nos enfants – comment ça personne n’aime Marie Cherry ?!? Je regarde Arte. J’ai acheté un CD best of de Serge Gainsbourg. Je fais des aprèms ‘album photo’; je trie, puis range les photos de mes vacances en Bretagne de 2010 – passionnante après-midi. Après-midi  où ma pote Narcisse, mon seul contact humain de la journée,  arrive à s’endormir au téléphone. Après-midi vraiment passionnante. Je n’ai pas d’aventures sexuelles rocambolesques qui me font craindre d’avoir une MST, comme machin qui en fait avait juste une grippe. Je mange des légumes d’un producteur local. Bref, je suis devenu ennuyeux à mourir. Un adulte quoi.

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Wedding cake

Vous voulez me voir frétiller ? -en tout bien tout honneur- Parlez-moi mariage. Certaines choses ne s’expliquent pas : pourquoi les oiseaux volent, pourquoi les baleines à bosse nagent, pourquoi les chiens se frottent les fesses par terre en se trainant avec leur pattes avant. (Comment ça, toutes ces choses s’expliquent ?) Pour ma part, c’est mon attrait pour l’union de deux êtres amoureux qui me fait vibrer.

Quoi qu’à vrai dire, je m’en câlice de toutes ces conneries sur l’amour éternel, les bébés cupidon et le plus beau jour d’une vie. Ce qui me passionne -on a tous des passions étranges; encore hier j’ai lu dans un magazine qu’une canadienne était addict au goût du rembourrage en mousse de son canapé et qu’elle en avait déjà bouloté deux en un an la bougresse- ce sont les préparatifs. Tout mon être mondain frissonne à la vision de tout ce qu’il y a à préparer. Et j’adore ça. Mettez-moi devant un camélia, je vous dirai « Ben ouai c’est juste une fleur ». Mettez-moi devant un camelia qui sera dans l’arrangement sur l’autel de l’église et je suis pris de vapeurs d’excitation.
-Est-ce moi ou mon rapport au mariage est indécent ? On en apprend tous les jours sur soi. Toi aussi écris un blog pour éviter de payer une thérapie.-


Est-ce le bon ton ? Se mariera-t-il parfaitement au camaïeu de mauve des autres fleurs ? Au final, est-ce que c’est joli le mauve ? Je suis de ceux pour qui, dans la préparation d’une fête, rien ne doit être laissé au hasard. Je suis officiellement minutieux; officieusement tyrannique et psychorigide. Mais je préfère la version officielle.

Je suis intarissable sur le sujet. J’adore préparer une fête; alors imaginez les possibilités qu’offrent un mariage. En plus du kit basic -nourriture, lieu, déco, animation- qu’offre la préparation d’un mariage, on peut s’amuser avec les petits plus. Qu’est-ce qu’un petit plus ? Exemple : une amie m’a annoncé ses fiancailles. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion pour lui suggérer quelques petits plus qui feraient de son mariage un jour mémorable.
Mon plus préféré : une arrivée élégante et simple sur un cheval blanc qui sent l’amande douce et qui a des fleurs dans la crinière. Elle sembla sceptique.
Et pourquoi pas un thème nature où tout le monde repart avec un arbre souvenir symbole d’amour blablabla ? « Et ceux qui n’ont pas de jardin ? »
Et pourquoi pas faire venir le veau flambé sur la musique des miss France ? Ah attends, ça ma soeur l’a déjà fait.
Un bar à sirop, c’est original ! « C’est quoi ? » Nan mais sors de ta grotte de temps en temps.
Alors pourquoi pas inviter la troupe du cirque du soleil pour faire un petit show entre le trou normand et le steack de wapiti (car oui tu ne le sais pas encore mais je te conseille vivement le steack de wapiti) ? « Je pensais commander du poulet et j’ai un cousin qui veut bient faire le DJ, ça suffit nan ? ». Horreur. Bien sûr que nan ça ne suffit pas, tu veux que les gens partent en pleurant de ton mariage parce que regarder le téléthon à la télé aurait été plus réjouissant ?

Je ne comprends pas les gens qui n’accordent que peu d’importance à une fête aussi importante. Un mariage, c’est un peu la vie en mieux. Les gens sont -normalement- bien habillés. On mange -normalement- bien. On s’amuse -normalement- beaucoup. Que demande le peuple ?

Et à mon grand malheur, la plupart des personnes qui m’entourent connaissent mon addiction -je parle toujours du mariage et non du rembourrage en mousse du sofa-. Donc, les gens, connaissant mon enthousiasme pour le sujet, évitent de m’en parler. Les sots.
Donc si toi aussi tu veux parler wedding plannings, n’hésite pas, contacte M. Flan.

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Poutine, je t’aime

Cher lecteur, je te préviens, si tu t’attendais à lire une déclaration d’amour enflammée à l’ancien-nouveau dirigeant de la Russie, tu te fourvoies. Le titre est quelque peu trompeur puisqu’en fait, nous allons discutailler du Québec.
Quand on parle du Québec, on entend généralement une flopée -à la limite de l’onomatopé convulsive- de ‘caribou’, ‘froid’ et bien sûr ‘Céliiiiine’. Du haut de mon statut d’expert -appelez-moi Horatio Caine- de la belle province -car oui j’ai obtenu ce master’ degree en survivant à un hiver canadien- je peux affirmer que oui, le Québec, c’est ça. M. Flan, 1er pour la survivance des clichés. Mais ce n’est pas que ça fripon ! Le Québec c’est bien plus. Le Québec c’est les grands espaces. Le Québec c’est la qualité de vie. Le Québec c’est un peu les Etats Unis mais en moins bling bling. Et le Québec, c’est surtout rigolo. A ses dépens.

  1. Le français québecois.
    Je vous vois venir. Ha ha, il va -encore- nous parler de l’accent des Québecois. Ben non. L’accent québecois -certes parfois incompréhensible- ressemble à l’accent ch’ti. Si on n’a pas ri devant Bienvenue chez les Ch’tis, vous ne rirez pas devant un Québecois. Désolé.
    Nan, ce qui est mieux, c’est le vocabulaire québecois. Oh, doux et poétique vocabulaire québecois. Et logique ! Souvent, ce qu’on dit signifie le contraire de ce qu’on veut dire. Gné ?
    Exemple : Tes chaussures sont débiles ! (C’est positif; tes souliers vont en mettre plein la vue). Ton lunch a l’air écoeurant. (Encore une fois, c’est positif. Tellement beau et bon que ça en soulève le coeur d’émotion. Oui, mes lasagnes font souvent ça aux gens). Bonjour peut signifier au revoir.
    Un chandail, c’est un mot magique; pull-over, tee shirt à manches courtes, tee shirt à manches longues, polo, tricot, chemise ou même sous pull. Par contre, un débardeur, c’est une camisole hein, faites pas l’erreur. Au petit-déjeuner, on déjeune, le midi on dîne et le soir, ben, on soupe.
    Et il n’est pas rare à Montréal qu’on se fasse un party avec toute sa gang de chum. Folle ambiance en prévision. Merveilleux vocabulaire québecois !
  2. Le cinéma
    Ce n’est un secret pour personne, les Québecois francisent les titres des films étrangers, et surtout américains. Ce qui donne des discussions surréelles.
    - Mes films cultes sont vraiment Brillantine (Grease) et Danse lascive (Dirty dancing).
    - Moi j’ai vu J’ai gonflé le bébé (Chérie, j’ai agrandi le bébé), Fiction pulpeuse (Pulp fiction), et le Pouilleux millionnaire (Slumdog millionnaire) cette fin de semaine.
  3. La gastronomie
    Comme le disait ma mémé, ‘C’est bon parce que c’est gras’. Ben ma mémé, elle devait être un peu québecoise. Outre l’influence des USA -hamburger, hot dog, onion rings- le Québec a réussi a se construire une gastronomie des plus raffinées. Vous prendrez bien un peu de fèves au lard, un pogo (enrobez une saucisse de pâte à brioche et faites frire), une part de tarte au sucre, du fudge au sirop d’érable ou encore une molle (glace italienne; contraire d’une glace dure) ? Et par dessus tout, reine parmi les plats légers : la Poutine. Je n’ai qu’une chose, mon royaume pour une poutine ! Le pire : tout est bon, mémé avait raison.
  4. La musique
    Ecouter la radio québecoise suffit à dépayser. Il y a un vivier d’artistes aux noms exotiques qui nous sont inconnus. Pauvre de nous ! Nous aussi, on veut de l’Antoine Gratton, du Geneviève Toupin et du Ginette Reno. Et leurs noms chantants ne sont rien à côté de leurs refrains les plus célèbres. "Fais moi la tendresse, tu connais mon adresse", "Si je pleurs sous la pluie, tu n’y verras que du feu", "C’est vrai que les pauvres sont bien mal pris, tous leurs amis sont pauvres aussi" ou encore "Une chance que j’t’ai, que j’t’ai que tu m’as, une chance qu’on s’a", etc.
  5. La météo
    On nous parle tout le temps du froid infernal, de l’hiver interminable. Ce qu’on oublie souvent de mentionner, c’est qu’il y a l’été. Et pas l’été genre mmmh-c’est-trop-agréable-je-vais-boire-du-rosé-en-shorty-avec-mes-potos, non. L’été genre caniculaire que si tu sors, tu grilles comme une chipolata , tu souffres, tu pèles comme un lépreux. Et bien entendu, tu sues. L’été où la ville est un sauna géant. L’été où tu te dis que finalement, c’est sympa l’hiver.
  6. La faune
    Le Québec, c’est quand même l’un des endroits dans le monde où il y a encore des gens tués par des ours qui se réveillent affamés après l’hiver.
  7. Céliiiine
    Vous me direz, mais elle on le sait qu’elle est Québecoise. Oui mais on ne s’en rend pas assez compte. Céline, c’est une méga star. Céline, elle est partout. Ses albums tournent en boucle dans les banques, les magasins, les super marchés et sur certaines radios. Céline, elle est sur plein de magazines, elle est à la télé et elle est tout le temps en photo. Céline, elle est même dans les rêves de ton boss qui t’avoue qu’ils ont oniriquement fait du bateau ensemble et qu’elle est trop sympaaaa la Céline. Même son méri René il est partout. Directeur de la star ac’ (oui, ça existe encore ici) le jour, acteur de cinéma le soir. Céline, c’est la fierté nationale. Céline, tu ne la critiques pas; tu l’aimes ou tu quittes le pays.

Malgré -ou grâce- à tout ça, on quitte le Québec avec un pincement au coeur. Ostie, c’que j’ai capoté c’t’année.

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YMCA

L’enfer c’est les autres, a dit Jean-paul. Hé ben l’anti-chambre de l’enfer, c’est l’auberge de jeunesse, a dit moi. D’un, parce que y a les autres et que, souvent, ils sont bruyants, allemands et hippies – pas bohème, hippie. Le bruit et les hippies pas cools en sandale-chausssette, on n’aime pas trop ça. Surtout lorsque l’on vient de quitter une chambre verte grany smith, un édredon fleuri et les effluves de pâté fait maison d’un charmant bed and breakfast. Alors oui ça fait un peu snob, peut-être même chieur, mais que ceux qui n’ont jamais kiffé avoir un cookie chaud sur leur table de nuit me jettent en premier leur sandale.


Très chers concitoyens, on nous ment ! L’auberge de jeunesse n’a rien de ouais-on-est-trop-jeunes-on-voyage-alternatif-et-on-est-trop-des-aventuriers. Non. L’auberge de jeunesse, c’est comme dormir dans un bar le soir de la finale France-Paraguay de la coupe du monde de foot. Et se réveiller à 5h du matin dans une garderie pour enfant ‘Céline Dion’. Comprendre enfants à la voix puissante. Dans auberge de jeunesse, il y a jeunesse. Et parfois c’est plus que jeunesse, c’est sortie scolaire du groupe des petits cerfs volants.
Il y a aussi les sympathiques autochtones qui vous préviennent ‘attention, il y a des puces de lit là-dedans’ et qui du coup vous font vivre dans l’angoisse de finir mort gratouillé jusqu’au sang. Sans oublier les petits-dèj all-by-myself où l’on finit avec une tranche de pain de mie et de la margarine.
Autant dire que mon escapade aubergique fut un échec cuisant.

Et je ne suis pas le seul à tenir les auberges en basse estime :

http://www.ladepeche.fr/article/2011/12/20/1244316-un-toulousain-tente-d-incendier-un-auberge-par-depit-amoureux.html

Maudite auberge de jeunesse, on ne peut avoir que le coeur brisé en te quittant. Que ce soit en pensant à une love story impossible ou au pâté fait maison.

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La Chanson pour… les têtes en l’air

Cette semaine, j’ai eu peur d’être atteint d’une sorte d’alzheimer précoce.
A la bibliothèque, je lance un ‘tiens, je lirais bien L’insoutenable légèreté de l’être’.
A quoi mon comparse me rétorque ‘Tu l’as lu y a deux mois’.
‘Hein ? Et j’ai aimé ??’
‘Oui…’
‘Mais ça parle de quoi ?’
‘Des histoires d’amour à Prague’
‘J’ai pas lu ça moi’
‘Siiiii’
‘Je m’en souviendrai !’
‘Y a un chien dans l’histoire qui s’appelle Karénine’
‘Ah ouiiiiii, le toutou !!!’

J’ai une mémoire sélective. Un peu comme tout le monde, vous me direz. Le hic, c’est que ma mémoire sélective a décidé de zapper tout ce qui pouvait éventuellement me faire briller en société pour ne retenir que les infos les plus idiotes dont tout le monde se fout royalement. Je n’ai quasiment aucune mémoire pour tout ce qui concerne les livres que je lis. Même ceux que j’aime. Je suis incapable de citer les noms et prénoms des personnages, et parfois même l’intrigue principale.
Idem pour les vieilles photos de classe. ‘Mais c’est qui le petit blond à lunettes ??? Il était dans ma classe ou c’était juste un correspondant Bulgare qui s’est tapé l’incruste sur notre photo ?’. Et je ne vous parle pas de l’emplacement où l’on range les chaussures dans l’appart. Aussitôt délesté de mes godillots, j’en oublie même jusqu’à leur existence. Elles peuvent trôner au milieu de la cuisine sans que cela me pose de problème pendant quelques mois. C’est déconcertant. Et effrayant. D’où ma peur de l’alzheimer précoce.

Pourtant, il me semble que j’ai une très bonne mémoire dans d’autres domaines. D’où ma remise en question de mon diagnostique. Je vais éviter d’aller trainer sur doctissimo pour me faire flipper genre ‘mon dieu j’ai sûrement des bulles d’air dans le cerveau’. Je me souviens très bien de mes tables de multiplication, de combien de temps dure la cuisson d’un oeuf à la coque et, bien entendu, de toutes les paroles des chansons de Lady Gaga.
Je suis rassuré. Mais de quoi on parlait de nouveau ?

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De Proust à Prout

Il y a des choses que je ne m’explique pas. Outre les très profonds et philosophiques questionnements tels que ‘pourquoi les gens sont méchants ?’, ‘à quand la paix universelle’ et ‘pourquoi tout ce qui est bon fait grossir’, il y a une question qui me taraude particulièrement. Pourquoi diable me dit-on tout le temps que j’ai l’air sérieux. Voire austère. Ok je ne suis pas de la race des béni-oui-oui qui sourient tout le temps façon ma vie est tellement parfaite que c’est comme si je vivais avec une perf’ de valium en permanence dans le bras. Mais quand même, je ne suis ni un artiste maudit pleurnicheur, ni un gothique adepte des sacrifices de petits chatons, ni même un simple rabat-joie. Ce n’est pas vraiment un problème au quotidien –les gens qui me connaissent bien savent quel boute-en-train je suis, tsoin tsoin- mais avoir l’air d’un nazi constipé, non merci.
J’ai un physique sérieux. Il faut s’y faire.

Encore la semaine dernière, ma responsable m’a dit que j’avais souvent l’air en pleine réflexion. Ha-Ha. Si la pauvre savait le néant qui habite l’intérieur de mon crâne, elle en serait épouvantée. J’avoue, parfois, des petits singes jouent des cymbales pour me divertir quand le néant devient trop néantiquement ennuyeux. Quand ce ne sont pas des morses qui jonglent avec des ananas.
Pour ma part, j’aime pas trop avoir l’air d’un philosophe au travail. Je ne ménage pas mes efforts pour m’en distinguer. Oh oui, ma vie est compliquée, je ne le dirai jamais assez. Je ne suis pas avare d’un petit cri d’animal, d’un tee-shirt lolilol ou d’une blagounette. Mais là encore, on me prend encore au sérieux. A la remarque de ma boss sur mon air sage, j’ai bien proposé de faire la roue pour avoir l’air plus gai. En vain. Foutu physique.

D’où mon questionnement : est-ce le lot de toutes les personnes qui ont le physique sérieux ? Sont-elles en fait aussi drôles et savantes que des chapeaux ? Ne sont-elles pas ce que l’on croit ? C’est inquiétant.

On imagine ce cher Hugo tout tourneboulé par les misères que lui font vivre Napoléon III. Si ça se trouve, il est juste en train d’inventer le concept des blagues ‘Ta mère est tellement grosse…’

Valéry en pleine réflexion sur l’évolution socio-économique du Darfour. Non. Valéry qui chante dans sa tête ’20 ans’ de Lorie. Oui on peut avoir plus de 107 ans et aimer Lorie, vil juge que vous êtes.

Rainer Maria Rilke est en train de composer un vers aussi poignant que syntaxiquement parfait. Ou peut être est-il juste en train de se dire que ce midi, il se ferait bien une grosse choucroute. Wouhou, fais péter les saucisses Olga !

Ce cher King se demande comment être un leader éclairé ? Détrompez-vous, tout ce à quoi il pense, c’est à des pandas qui font du surf. Trop funky ces pandas nord-coréens.

Bon ben voilà, la Reine, au premier abord, elle n’a pas l’air des plus marrantes. Mais bon, ça se trouve, elle cherche juste la bonne personne à qui demander « Tire sur mon doigt » ou « Dis camion ».

En tout cas, espérons pour nous tous, les personnes à l’air sérieux, que ce n’est que façade. Et que Tristan Bernard avait raison de dire que « l’humour provient d’un excès de sérieux ».

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Voyage voyage

Dans ma famille, on aime bien voyager. Mais dans ma famille, on est un peu poissard. Donc, dans ma famille, les voyages tiennent souvent plus de l’épopée homérique rocambolesque que du farniente reposant. Non pas qu’un avion se soit crashé avec nous à son bord – trop simple. Nous c’est plutôt merde sur merde sur merde et vie pour pouvoir bien profiter de la dernière merde qui se profile à l’horizon. Je vous passe les habituels ‘Oh, l’annonce ne disait pas que la plage attenante au camping était réservée aux chiens’, ‘On est arrivés ! Oh, vous avez tous la varicelle’ ou ‘vos cheveux sortent du cadre de la photo de votre passeport, alors non, vous ne rentrerez pas sur notre territoire’. Nous, on fait dans l’épique.

Dernièrement, maman Flan a tenté de prendre l’avion et de changer de continent. Ha-ha. Quelle audace. Quel orgueil de penser qu’on peut quitter le sol français si facilement. Oui pour toi, chaland parmi tant d’autres, c’est simple de s’envoler vers des cieux plus bleus. Pour nous, famille flantesque, c’est carrément mission imposible. Comme passer une journée sans facebook.
Et un vol tout ce qu’il y a de plus normal de 6h se transforme en traversée de l’enfer de 24h. Ou comment un vol direct devient un tour du monde avec de multiples escales. Et puis comme les grèves c’est pas assez chiant pour pourrir un départ, ajoutons les portails de sécurité. Je pense que maman me ment. Je pense que maman est robocop.

Parce que faire s’affoler tous les détecteurs de métaux dans 4 pays différents en ayant à chaque fois enlevé breloques, ceintures et téléphone, c’est qu’on a une ossature en zinc. Du coup, maman s’est à chaque fois faite tripoter par la moitié de la planète. Une journée riche en nouvelles expériences.
Et puis (bis), comme si tout ça n’était pas encore assez (re-bis), il faut qu’un gentil douanier allemand soupçonne son fer à lisser d’être une arme de destruction massive. On ne se méfie jamais assez d’un fer à lisser, ce qui explique les prélévements effectués dessus. Ça peut vraiment faire bobo un fer à lisser, surtout en Allemagne visiblement. L’avantage, c’est qu’à côté de tout ça, on ne se rend même plus compte qu’on est assis à côté d’un enfant roux hyperactif; qu’on a des pâtes pour le déjeuner alors qu’on avait demandé ‘chicken’; qu’on ne peut pas atterrir tant que la mamie chinoise n’est pas sortie des toilettes – toilettes qu’elle a squattées pendant les 9/10ème du temps de vol (c’est finalement une bonne chose de ne pas avoir eu ‘chicken’). On est juste content d’être dans un avion qui nous rapproche, autant que faire se peut, de notre point d’arrivée.

Ce qu’il y a, c’est que même sans maman, sortir de la ville où l’on vit est tâche ardue. Le gène de la poisse j’vous dis, y a que ça de vrai. J’ai, effronté que je suis, décidé d’aller aux Etats-Unis. Ha-ha. C’était sans compter la douane. Et les charmants agents des douanes. Toutes les personnes qui sont déjà entrées sur le sol américain savent ce que cela signifie. ANTICHAMBRE de L’ENFER.

Un lieu magique où les gens sont si sympas qu’ils feraient passer les employés des services cartes grises pour des bisounours dopés au poppers. A la douane américaine, on est soit un terroriste -autant dire que maman aurait eu un vol direct vers Guantanamo avec son fer à lisser-, soit un horrible immigré clandestin qui est très bête et qui, donc, passe par la douane, soit le vecteur de toutes les maladies possibles et imaginables, soit un gros con. Pour ma part je suis rentré dans la dernière catégorie. Précision : gros con complètement camé. Il ne fait pas bon avoir froid à la douane américaine et être pris de frissons. Non, non, grossière erreur. Vous ètes automatiquement soupçonné d’être un rebut de la société en manque de vicodin. Et puis, quand on vous dit ‘Where do you live ?’, essayez d’utiliser les deux neurones qui vous restent à trois heures du mat’ pour répondre ‘France’ et non ‘New York’. A la douane américaine, on n’aime pas les approximations. Et comme vous l’avez compris, on est des chanceux dans la famille, on tombe sur le douanier le plus aimable et souriant. *ironie, je précise si tu es un peu lent, ou qu’il est trois heures du mat’*
J’ai donc eu le droit à tout un panel de questions aussi diverses qu’intimes pendant que tout le monde passait sans problème. Ou peut-être ma vie l’intéressait fortement ? Curieux ou pas, je pense quand même qu’il était à deux poils de m’envoyer une décharge électrique avec son taser lorsque j’ai mis un peu de temps à ranger mon passeport.

Du coup, dans ma famille, on aime bien voyager. Mais pas trop, c’est fatigant.

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