Comment bien préparer votre passage aux urgences en 8 leçons

 

Trop bon, trop con ? Sûrement puisque pour moi, c’est lorsque je viens en aide à autrui que le sort s’acharne sur moi. L’altruisme, ça craint et ça fait mal. Surtout lorsqu’on se tord mortellement -maman, je vois la lumière, dois-je m’inquiéter ?- la cheville en déménageant un ami. J’ai bien voulu me faire une atèle moi-même avec deux barreaux de lit pour bébé genre McGyver (entendre geindre, pleurnicher, se rouler dans le sable de douleur et menacer de refaire la déco du camion de déménagement avec ma gerbe) mais la situation était plus grave qu’il n’y paraissait. Direction les urgences pour une nouvelle aventure aussi folle que palpitante pour un monsieur Flan aussi aventureux qu’amoindri. Trop une vie de ouf à 100 à l’heure.

Et les urgences, ben, c’est pas comme dans la série Urgences, ni Dr House, ni NIH Alertes médicales, ni même Beverly Hills. On nous ment lecteur ! Et ce n’est pas la première fois que je le dis. Il n’y a personne qui vomit du sang ou qui se balade avec son pied dans un sac congélation Alba, il n’y a aucune tension palpable ni infirmière qui trachéotomise avec un bic (bon là ça fait un peu urgences d’un dispensaire au Bangladesh) un malade du lupus. Les urgences, c’est chiant à mourir. Tellement chiant que justement personne ne vient y mourir. Paradoxal.

C’est pourquoi, il est essentiel de se préparer pour une telle péripétie médicale. Voici donc les huit trucs à faire pour faire face aux urgences

 

1. Avoir une vraie raison pour y aller. Oui, ça c’est la base. Allez-y qu’en cas de dernier recours, en d’autres termes : la mort toute proche, ça sent le sapin dans votre salon. Je te pointe du doigt, toi, le jardinier du dimanche qui s’est mis un peu de terre dans l’oeil, et toi aussi, la bonne femme dont le bras la gratouille. Inscrivez vous sur meetic si vous voulez rencontrer de nouvelles têtes.

2. Une fois votre bonne raison en poche. Inscrivez votre mésaventure en statut facebook, tout en restant évasif. ‘Aux urgences…’ = laconique et mystérieux = un buzz assuré (oui je vis comme si je participais à carré viiip, pour moi, ça ne s’est jamais arrêté). Ne rajoutez pas la raison, cela briserait l’effet recherché. ‘Je me suis viandé comme une grosse merde en descendant d’un camion’. Vous vous attirerez plus de moqueries que de commentaires compatissants. Pas viiip.

3. Faites un dernier adieu à vos proches, on ne sait jamais. Les hôpitaux sont des endroits dangereux où des fous sociopathes viennent dézinguer tout le monde ou posent des bombes. Vous ne regardez donc jamais Grey’s anatomy ?

4. Pensez à amener votre pousse pousse chinois et le chinois qui va avec (ou une vieille brouette poussée par l’âme charitable qui vous a mené en ces lieux). Car oui, pied en compote ou pas, tu longes d’interminables couloirs. ‘Je peux avoir une béquille ?’ ‘Non’ ‘ah’. Fin de la conversation.

5. Maman m’a toujours dit avant de sortir : ‘vérifie tes chaussettes, imagine t’as un accident et tu te retrouves à l’hôpital en chaussettes trouées’. Le déshonneur ultime, mourir chaussettes trouées aux pieds. Sérieusement, voulez-vous vivre ça juste avant de mourir ?

6. Le truc aux urgences, c’est qu’ils vérifient si t’es pas un mytho et que ta cheville gonflée, en fait, c’est pas juste un très bon maquillage pour un film de science fiction. Donc il faut se préparer à répondre à plein de questions. Donc, c’est pas le moment de laisser les neurones à la maison, faut se secouer et être réactif. Le Julien Lepers en blouse blanche est impitoyable. N’hésitez pas à vous entrainer dans la voiture/ambulance/chameau.

7. Le truc (bis) aux urgences, c’est qu’on demande de chiffrer la douleur ressentie (de 0 à 10). Un conseil, réponds 64, sinon, tu attendras longtemps. Et n’hésitez pas à pousser de petits cris plaintifs pour souligner la gravité du mal qui vous tenaille. J’ai rencontré dans la salle d’attente un homme, là depuis 1978, qui avait répondu 3. Mauvaise réponse. Très mauvaise.

8. Ce qui est bien, c’est d’emmener un petit animal divertissant -ou un enfant particulièrement rigolo- pour tromper votre ennui. Alors on se fait pas chier, on prend un chat -ou un enfant particulièrement rigolo- qui traîne et on apprend à faire connaissance sur place. Vous aurez tout le temps pour créer des liens forts et indissociables. Ou une gameboy DS. Ou encore une montre pour compter les secondes qui passent, au choix.
Vous l’aurez compris, il vous faut une occupation à tout prix -conseil le plus précieux !- pour passer le temps et surtout, oh oui surtout, ne pas finir par jouer -oh désespoir- à ‘Devine à quoi je pense’ et mettre 6h54 à trouver une termitière. Croyez-moi, ça, ce serait pire qu’une cheville brisée.

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11 commentaires pour Comment bien préparer votre passage aux urgences en 8 leçons

  1. Goustan dit :

    « Le déshonneur ultime, mourir chaussettes trouées aux pieds. Sérieusement, voulez-vous vivre ça juste avant de mourir ? » → Tu viens de formuler la pire de mes craintes,j’ai versé une petite larme. Sinon très bon article qui m’a fait sourire !

  2. Myrthille B. dit :

    Penser également à s’épiler le maillot, et à se laver les dents. Ainsi l’on pourra sans crainte fourrer sa langue dans le gosier du ténébreux interne qui nous fera du bouche à bouche lors du malaise (fake, le malaise)

  3. J’aime…
    Un conseil, d’expérience : ne pas attendre les jours fériés pour aller aux urgences. C’est encore pluuuuuuuuuuus long ET il reste toujours que les internes les plus moches pour examiner ta cheville toute poilue (l’esthéticienne est fermée, les jours fériés)…

  4. Ping : Les urgences vues…par un patient - Urgences (dans la) Santé - Blog LeMonde.fr

  5. La 6 m’a bien fait rire, et si par malheur je venais à y repenser lundi quand j’interrogerai mes patients, ça pourrait bien me coller un sourire niais aux lèvres en m’imaginant en Julien Lepers ^^

    Sinon pour la 7, ce n’est pas tout à fait vrai… On ne se base pas que sur l’EVA (la quotation entre 0 et 10) pour évaluer la douleur, faut pas croire qu’on est si bête que ça 😉 Et une personne qui geint de façon exagérée ça se voit facilement, et ça peut avoir l’effet contraire de celui escompté, à savoir d’exaspérer l’équipe et que la prise en charge s’en ressente derrière…

  6. Jacques Hoff dit :

    Pour aller aux urgences, Flan pour Flan a pensé à prendre de la lecture
    http://ihatemyparents.tumblr.com/post/6147712307/she-is-probably-so-glad-her-parents-learned-to

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